L’épicondylite, ou « tennis elbow », est une douleur de la face externe du coude. Elle touche surtout entre 35 et 55 ans, et bien plus souvent des personnes qui n’ont jamais tenu une raquette : peintres, plaquistes, coiffeuses, informaticiens, jardiniers du week-end. Le tendon commun des muscles qui relèvent le poignet s’abîme à force de tractions répétées sur son attache osseuse. Bonne nouvelle d’abord : la grande majorité des épicondylites guérissent en six mois à un an. Ce qui amène les patients jusqu’à nous, ce sont les formes qui durent, qui reviennent après chaque infiltration, ou qui empêchent de travailler.
Comment la reconnaître
La douleur se situe sur la petite bosse osseuse à l’extérieur du coude et descend parfois sur l’avant-bras. Elle se réveille en serrant : une poignée de main, une bouteille à ouvrir, une tasse à soulever bras tendu, la souris d’ordinateur. Appuyer sur l’épicondyle reproduit la douleur, tout comme relever le poignet ou le majeur contre résistance. L’échographie montre souvent un tendon épaissi, mais elle n’est pas indispensable au diagnostic.
Deux situations peuvent ressembler à une épicondylite et doivent être éliminées : une souffrance du nerf radial au niveau de l’avant-bras, et une douleur qui vient du cou (une névralgie cervico-brachiale). Si vous avez aussi mal à la nuque, ou des fourmillements dans les doigts, il faut en parler au médecin. Notre page sur les douleurs cervicales détaille ces situations.
Ce que disent les études sur les traitements
La base, c’est de laisser le tendon cicatriser sans l’immobiliser : réduire les gestes qui déclenchent la douleur, utiliser l’autre main ou changer de prise, porter un bracelet de contre-appui pendant les efforts. La kinésithérapie, avec des exercices de renforcement progressifs du tendon, aide surtout à éviter les récidives.
L’infiltration de cortisone a longtemps été le réflexe. Elle soulage vite, mais un essai randomisé publié dans le JAMA en 2013 a montré qu’à un an, les patients infiltrés allaient moins bien que ceux qui avaient reçu une injection placebo, avec beaucoup plus de récidives. Nous la réservons donc aux situations où un soulagement rapide est indispensable, et nous évitons de la répéter.
Pour les épicondylites qui durent plus de trois à six mois, l’injection de PRP est souvent discutée. Elle fait mieux que la cortisone au-delà de six mois, mais la revue Cochrane de 2021 conclut qu’elle n’apporte probablement pas de bénéfice notable par rapport à une injection placebo. Nous en parlons avec vous au cas par cas. Nous comparons les deux dans notre article PRP ou infiltration de cortisone : que choisir ?. La chirurgie ne concerne qu’une petite minorité de patients, après au moins six mois à un an de traitement bien conduit.
Ce que nous proposons à l’Institut
Un médecin de la douleur vous examine, vérifie le diagnostic et les situations qui peuvent l’imiter, et fait le point sur ce qui a déjà été tenté. Selon votre situation, nous pouvons vous proposer une injection de PRP sous échographie, un programme de rééducation en lien avec votre kinésithérapeute, et, en complément, des séances de photobiomodulation. Les injections de PRP ont lieu à L’Isle-Jourdain, près de Toulouse, et au Centre Hospitalier de Sainte-Foy-la-Grande, près de Bergerac et Bordeaux.
Questions fréquentes sur l’épicondylite
Combien de temps dure une épicondylite ?
Le plus souvent six mois à un an, même sans traitement particulier. Une minorité dure plus longtemps ou récidive : c’est dans ces formes que l’avis d’un médecin de la douleur ou du sport est utile.
Faut-il arrêter complètement de se servir du bras ?
Non. L’immobilisation n’aide pas le tendon. Il faut réduire les gestes qui déclenchent la douleur, adapter sa prise et reprendre progressivement, guidé par la douleur.
L’infiltration de cortisone est-elle déconseillée ?
Elle soulage vite mais, à un an, les résultats sont moins bons qu’avec un placebo et les récidives plus fréquentes. Elle peut se discuter pour passer une période difficile, sans la répéter.
Le PRP marche-t-il dans l’épicondylite ?
C’est l’une des indications les plus étudiées, mais les résultats sont décevants : selon la revue Cochrane de 2021, le PRP n’apporte probablement pas de bénéfice notable par rapport à un placebo. Il fait mieux que la cortisone à long terme, en grande partie parce que la cortisone favorise les récidives. L’indication se pose en consultation.
Pour aller plus loin
Prendre rendez-vous
Consultation avec un médecin de la douleur à L’Isle-Jourdain (à 30 minutes de Toulouse) ou à Sainte-Foy-la-Grande (près de Bordeaux, Libourne et Bergerac), avec ou sans courrier de votre médecin traitant. Vous pouvez remplir le questionnaire avant consultation pour gagner du temps le jour du rendez-vous.
Vous êtes médecin ? Vous pouvez nous adresser votre patient par MSSanté ou Doctolib : consultez l’espace médecins – adresser un patient.