Ce qu’on appelle couramment une tendinite de l’épaule est presque toujours une souffrance de la coiffe des rotateurs, ces quatre tendons qui maintiennent la tête de l’humérus et permettent de lever le bras. C’est une des premières causes de consultation après 40 ans, chez les sportifs comme chez ceux qui travaillent les bras en l’air. La plupart des cas s’améliorent en quelques mois avec une rééducation bien menée. Mais une épaule qui réveille toutes les nuits depuis des mois épuise, et c’est souvent à ce moment-là qu’on nous adresse les patients.
Les signes typiques
La douleur siège sur le moignon de l’épaule et descend parfois vers le haut du bras, jamais en dessous du coude. Elle apparaît quand on lève le bras sur le côté, avec un passage particulièrement douloureux à mi-hauteur, quand on enfile une veste ou qu’on attrape un objet en hauteur. La nuit, se coucher sur l’épaule réveille. Une perte de force franche pour lever ou tourner le bras doit faire penser à une rupture du tendon et faire réaliser une imagerie.
Il faut aussi penser à ce qui peut imiter une tendinite : une capsulite rétractile (l’épaule « gelée », qui devient raide dans tous les sens), une arthrose, ou une douleur venue du cou. Notre page sur les douleurs à l’épaule fait le tour de ces causes.
Comment on la traite
La rééducation est le cœur du traitement : renforcer progressivement les muscles de la coiffe et ceux qui stabilisent l’omoplate, retrouver de l’amplitude, adapter les gestes au travail. Les anti-inflammatoires et le froid aident pendant les poussées. L’infiltration de cortisone sous échographie peut soulager une période difficile et faciliter la rééducation, sans être répétée trop souvent.
Dans la forme calcifiante, les ondes de choc et la ponction-lavage de la calcification sous échographie donnent de bons résultats. En cas de rupture, l’âge, l’activité et la taille de la lésion décident d’une éventuelle chirurgie. L’injection de PRP est parfois proposée dans les tendinopathies qui résistent à la rééducation ; les études donnent des résultats contradictoires, et nous en discutons au cas par cas.
Ce que nous proposons à l’Institut
Nous recevons surtout les douleurs d’épaule qui durent malgré la rééducation, celles qui empêchent de dormir et celles qui persistent après une opération. Le médecin de la douleur fait le point sur le diagnostic et les traitements déjà essayés, puis vous propose un plan : ajustement des antalgiques pour retrouver le sommeil, PRP dans certaines tendinopathies, TENS à domicile, photobiomodulation en complément, et coordination avec votre kinésithérapeute et, si besoin, un chirurgien de l’épaule.
Questions fréquentes sur la tendinite de l’épaule
Pourquoi ai-je plus mal la nuit ?
Couché sur le côté, le tendon est comprimé et la position immobile accentue la douleur. Dormir sur le dos avec un coussin sous le coude soulage souvent ; une douleur nocturne qui dure justifie un avis médical.
Faut-il une IRM ?
Pas toujours. L’échographie suffit souvent à voir l’état des tendons et une calcification. L’IRM se discute surtout si une rupture est suspectée ou avant une chirurgie.
Combien de temps pour guérir ?
Une tendinopathie simple s’améliore en général en trois à six mois de rééducation régulière. Les formes calcifiantes peuvent durer plus longtemps mais répondent bien aux traitements ciblés.
Le PRP est-il efficace pour l’épaule ?
Les résultats sont plus variables que dans le coude ou le genou. Il se discute dans certaines tendinopathies qui résistent à une rééducation bien conduite, après un bilan précis.
Pour aller plus loin
Prendre rendez-vous
Consultation avec un médecin de la douleur à L’Isle-Jourdain (à 30 minutes de Toulouse) ou à Sainte-Foy-la-Grande (près de Bordeaux, Libourne et Bergerac), avec ou sans courrier de votre médecin traitant. Vous pouvez remplir le questionnaire avant consultation pour gagner du temps le jour du rendez-vous.
Vous êtes médecin ? Vous pouvez nous adresser votre patient par MSSanté ou Doctolib : consultez l’espace médecins – adresser un patient.