Des pieds qui brûlent le soir, des fourmillements qui remontent le long des jambes, une peau engourdie au point de ne plus sentir le sol, puis les mêmes sensations dans les mains : c’est le tableau habituel d’une neuropathie périphérique. Les nerfs les plus longs, ceux des pieds, sont atteints en premier, d’où cette répartition « en chaussettes » puis « en gants ». Le diabète en est la première cause en France. Les chimiothérapies en sont une autre, de plus en plus fréquente à mesure que les traitements du cancer progressent. Dans un cas sur quatre, aucune cause n’est retrouvée. Quelle que soit l’origine, la douleur qui en résulte est une douleur neuropathique et elle se traite, à condition d’utiliser les bons outils.
Poser le diagnostic et chercher la cause
L’interrogatoire et l’examen des réflexes, de la sensibilité au tact, à la piqûre et aux vibrations orientent d’emblée. Le questionnaire DN4, que vous pouvez remplir dans notre questionnaire avant consultation, identifie la composante nerveuse de la douleur. L’électromyogramme confirme l’atteinte des grosses fibres ; il peut être normal dans les neuropathies des petites fibres, qui touchent les fibres de la douleur et de la température, et pour lesquelles d’autres examens existent. Le bilan sanguin recherche un diabète méconnu, une carence en vitamine B12, un trouble thyroïdien ou rénal, une consommation d’alcool excessive. Traiter la cause, quand c’est possible, reste la première étape : équilibrer le diabète ralentit l’évolution.
La neuropathie du diabète
Un diabétique sur quatre développe une neuropathie douloureuse. Elle expose aussi à des plaies du pied qui passent inaperçues : l’examen régulier des pieds, des chaussures adaptées et une surveillance podologique en font partie intégrante du traitement. Pour la douleur, les recommandations placent en première ligne la duloxétine, la prégabaline ou la gabapentine, et certains antidépresseurs tricycliques à petite dose, en tenant compte de l’âge, du rein et des autres traitements. Beaucoup de patients arrivent chez nous avec un seul de ces médicaments, souvent sous-dosé ou arrêté trop vite : réajuster le traitement est déjà un progrès.
La neuropathie après chimiothérapie
L’oxaliplatine, les taxanes, la vincristine ou le bortézomib abîment les nerfs des mains et des pieds. Les symptômes apparaissent pendant la chimiothérapie et peuvent persister des mois, parfois des années après la fin du traitement. Nous travaillons en lien avec les oncologues pour soulager sans interférer avec le traitement du cancer. Les moyens locaux et la neurostimulation y ont une place privilégiée, parce qu’ils n’ajoutent pas de médicament à des patients qui en prennent déjà beaucoup.
Les traitements proposés à l’Institut
- l’ajustement des médicaments de la douleur nerveuse, avec un suivi rapproché des effets indésirables ;
- le patch de capsaïcine Qutenza sur les pieds, en hospitalisation de jour, qui apporte un soulagement de plusieurs mois dans la neuropathie diabétique et post-chimiothérapie ;
- la neurostimulation TENS, à domicile, après apprentissage ;
- la rTMS et, pour les douleurs les plus sévères, la cure de kétamine ;
- la photobiomodulation corps entier, que nous proposons dans les douleurs neuropathiques dans le cadre d’une évaluation, avec un suivi des résultats ;
- l’éducation thérapeutique : comprendre sa douleur, protéger ses pieds, gérer l’activité et le sommeil.
Ces traitements sont disponibles à L’Isle-Jourdain, près de Toulouse, et au Centre Hospitalier de Sainte-Foy-la-Grande, près de Bordeaux, Libourne et Bergerac. Les hospitalisations de jour se font au CH d’Auch pour les patients suivis dans le Gers et au CH de Sainte-Foy-la-Grande pour ceux suivis en Gironde.
Questions fréquentes sur la neuropathie périphérique
Une neuropathie périphérique peut-elle guérir ?
Cela dépend de la cause. Une neuropathie par carence ou par un médicament arrêté peut récupérer en partie, sur des mois. La neuropathie diabétique ne régresse pas mais son évolution se ralentit avec un bon équilibre du diabète, et sa douleur se traite.
Pourquoi mes antalgiques habituels ne marchent pas ?
Parce que la douleur neuropathique ne passe pas par les mêmes mécanismes que la douleur d’une entorse ou d’une arthrose. Le paracétamol et les anti-inflammatoires sont inefficaces ; il faut des médicaments qui agissent sur le nerf et sur la transmission de la douleur, ou des traitements locaux.
Le patch Qutenza est-il adapté aux pieds du diabétique ?
Oui, il est autorisé dans la neuropathie diabétique douloureuse des pieds. L’application se fait en hospitalisation de jour, avec un examen préalable de la peau ; l’effet dure environ trois mois et peut être renouvelé.
Faut-il faire un électromyogramme avant de consulter ?
Ce n’est pas obligatoire. L’EMG est utile pour confirmer et préciser l’atteinte, mais il peut être normal dans les neuropathies des petites fibres. Apportez-le si vous l’avez ; sinon, nous le prescrirons si nécessaire.
Prendre rendez-vous
Consultation avec un médecin de la douleur à L’Isle-Jourdain (à 30 minutes de Toulouse) ou à Sainte-Foy-la-Grande (près de Bordeaux, Libourne et Bergerac), avec ou sans courrier de votre médecin traitant. Vous pouvez remplir le questionnaire avant consultation pour gagner du temps le jour du rendez-vous.
Vous êtes médecin ? Vous pouvez nous adresser votre patient par MSSanté ou Doctolib : consultez l’espace médecins – adresser un patient.