Le pied, c’est 26 os, 33 articulations, des dizaines de tendons et de nerfs, et le poids de tout le corps à chaque pas. Quand il fait mal, c’est la marche, le travail, le sport et parfois le sommeil qui en pâtissent. La plupart des douleurs du pied et de la cheville guérissent avec du temps, de bonnes chaussures et de la kinésithérapie. Celles que nous voyons à l’Institut Français de la Douleur sont les autres : la fasciite plantaire qui traîne depuis un an, le névrome de Morton qui brûle à chaque pas, la tendinopathie d’Achille qui a résisté à tout, l’entorse qui a laissé une cheville douloureuse, ou l’algodystrophie après une fracture.
Le talon : la fasciite plantaire
Une douleur sous le talon, maximale au premier pas le matin ou après être resté assis, qui s’estompe puis revient en fin de journée : c’est l’aponévrosite ou fasciite plantaire, la cause la plus fréquente de douleur du talon. L’« épine calcanéenne » vue sur la radio n’en est pas la cause mais la conséquence. Le traitement repose sur les étirements du mollet et de la plante, des semelles, et le temps : dix mois en moyenne. Quand elle persiste, les ondes de choc, les infiltrations sous échographie et les injections de PRP, qui donnent des résultats plus durables que la cortisone dans les études récentes, sont proposées.
Le tendon d’Achille et les autres tendons
Les tendinopathies d’Achille, des tendons fibulaires ou du tibial postérieur touchent les sportifs mais aussi les personnes de plus de 50 ans et les patients diabétiques. Le traitement de référence est un programme de renforcement progressif, bien codifié, guidé par le kinésithérapeute, pendant au moins trois mois. En cas d’échec, l’injection de PRP sous échographie stimule la réparation du tendon ; nous la réalisons à L’Isle-Jourdain et à Sainte-Foy-la-Grande. Les infiltrations de corticoïdes dans le tendon d’Achille lui-même sont évitées, en raison du risque de rupture.
L’avant-pied : le névrome de Morton
Une brûlure ou une décharge entre le troisième et le quatrième orteil, aggravée par les chaussures serrées, soulagée en se déchaussant, parfois avec l’impression d’une boule sous le pied : c’est le névrome de Morton, un épaississement d’un nerf de l’avant-pied. L’échographie le confirme. Chaussures larges, semelles avec appui rétro-capital, puis infiltration du névrome sous échographie soulagent la majorité des patients ; la chirurgie reste possible en dernier recours. C’est une douleur nerveuse : les traitements de la douleur neuropathique peuvent compléter.
La cheville après une entorse, et l’algodystrophie
Une cheville qui reste douloureuse et instable des mois après une entorse mérite un bilan : lésion du cartilage, conflit, lésion ligamentaire mal cicatrisée. Nous travaillons avec les chirurgiens orthopédistes et les radiologues de la région toulousaine et de Gironde. Après une fracture ou une opération du pied, une douleur qui s’aggrave au lieu de diminuer, avec un pied gonflé, chaud ou violacé, doit faire penser à une algodystrophie : le traitement précoce fait toute la différence.
Et les douleurs des deux pieds ?
Des brûlures ou des fourmillements des deux pieds, surtout le soir et la nuit, ne viennent en général pas du pied lui-même mais des nerfs : c’est le tableau d’une neuropathie périphérique, liée au diabète, à une chimiothérapie ou à une autre cause, qui a sa propre page et ses propres traitements.
Ce que propose l’Institut
- un examen clinique complet, avec si besoin une échographie et des radiographies en charge ;
- des infiltrations sous échographie : fasciite plantaire, névrome de Morton, articulations de la cheville et du pied ;
- les injections de PRP pour les tendinopathies et la fasciite plantaire rebelles ;
- la neurostimulation TENS et les traitements de la douleur nerveuse ;
- une coordination avec le podologue, le kinésithérapeute et le chirurgien du pied ;
- l’éducation thérapeutique pour reprendre la marche et l’activité sans rechute.
Questions fréquentes sur les douleurs du pied
Faut-il enlever l’épine calcanéenne pour guérir la douleur du talon ?
Non. L’épine est une calcification qui se forme à l’insertion de l’aponévrose ; elle est présente chez beaucoup de personnes sans douleur. Le traitement vise l’aponévrose elle-même, par étirements, semelles, ondes de choc, infiltration ou PRP.
Le PRP est-il efficace pour le tendon d’Achille ?
Les études montrent un bénéfice modéré, surtout dans les tendinopathies du corps du tendon qui résistent au renforcement bien conduit. Il est réalisé sous échographie, en une à trois injections, et doit être suivi d’un programme de rééducation.
Combien de temps dure un névrome de Morton ?
Sans traitement, il persiste et s’aggrave avec les chaussures serrées. Avec des chaussures adaptées et une infiltration sous échographie, la majorité des patients sont soulagés durablement ; la chirurgie est réservée aux échecs.
Puis-je continuer à marcher avec une fasciite plantaire ?
Oui, en limitant la course et les terrains durs pendant la phase douloureuse, avec des chaussures amortissantes. L’arrêt complet n’accélère pas la guérison ; les étirements quotidiens du mollet, eux, oui.
Prendre rendez-vous
Consultation avec un médecin de la douleur à L’Isle-Jourdain (à 30 minutes de Toulouse) ou à Sainte-Foy-la-Grande (près de Bordeaux, Libourne et Bergerac), avec ou sans courrier de votre médecin traitant. Vous pouvez remplir le questionnaire avant consultation pour gagner du temps le jour du rendez-vous.
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