Qu’est-ce que la rTMS ?
La Stimulation Magnétique Transcrânienne Répétitive (rTMS) est une technique médicale innovante, utilisée dans le traitement de la douleur chronique. Cette méthode connaît actuellement un essor remarquable en France. À l’instar de la neurostimulation médullaire, la rTMS fait partie des approches de neuromodulation.
Au cours de ces dernières années, la neurostimulation magnétique transcrânienne répétitive du cortex moteur, méthode de stimulation cérébrale, indolore, non invasive et presque dépourvue d’effets indésirables, a fait l’objet de nombreuses études. Celles-ci suggèrent son efficacité, tant à court terme qu’à long terme (jusqu’à six mois), dans le traitement des douleurs chroniques neuropathiques ou de la fibromyalgie réfractaire.
Les informations détaillées concernant cette technique vous seront communiquées lors de la première consultation, réalisée en hospitalisation de jour.
Comment fonctionne la rTMS ?
Il s’agit d’un traitement non médicamenteux, non invasif et généralement très bien toléré.
Concrètement, une bobine de stimulation est placée sur le cuir chevelu, générant une impulsion magnétique ciblée sur une zone précise du cerveau, telle que le cortex moteur ou le cortex préfrontal dorsolatéral. Contrairement à un courant électrique direct, la rTMS utilise un champ magnétique qui induit une activité neuronale sous la bobine. Cette stimulation modifie le fonctionnement des neurones et des régions cérébrales impliquées dans la perception de la douleur.
Concernant la prise en charge de la douleur, le protocole habituel : 40 trains de 5 secondes chacun à 10 Hz (haute fréquence) appliquée sur le cortex moteur primaire (M1) pour un total de 2000 stimulations sur une période de 20 minutes. Les protocoles utilisant la basse fréquence sont réservés pour d’autres indications. La stimulation rTMS n’applique pas de courant direct ni de champ électrique sur votre corps, il s’agit plutôt de ressentir une impulsion au niveau de la sonde.
L’objectif de la neurostimulation est ainsi de diminuer la perception du message douloureux en agissant sur une petite aire du cerveau, contribuant à soulager la douleur chronique de manière ciblée et efficace.
Quelles sont les pathologies accessibles au traitement par rTMS ?
En matière de douleur chronique, deux indications principales ont été validées scientifiquement, démontrant l’efficacité de la rTMS :
- Les douleurs chroniques neuropathiques, qu’elles soient centrales (par exemple après un AVC) ou périphériques (telles que celles liées au zona, au diabète ou survenant après une intervention chirurgicale), en troisième ligne de traitement.
- Les douleurs fibromyalgiques réfractaires.
La stimulation magnétique transcrânienne répétitive peut également être utilisée dans le traitement de certains troubles psychiatriques, notamment la dépression résistante, les troubles bipolaires, les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), les acouphènes, les hallucinations ou encore certains troubles neurologiques fonctionnels. Les paramètres spécifiques de la stimulation (fréquence basse ou élevée, nombre de pulsations, etc.) sont adaptés à la pathologie de chaque patient.
À noter que d’autres pathologies, telles que la schizophrénie, le trouble bipolaire, ne sont pas prises en charge dans notre établissement.
Quelles sont les contre-indications ?
- Corps métalliques intracrâniens
- Implant cochléaire
- Épilepsie
- AVC récent
Où se faire traiter par rTMS ?
Nous vous proposons plusieurs sites de prise en charge, adaptés à votre localisation géographique.
Pour les patients résidant à proximité de Toulouse, les séances se déroulent au cabinet médical de l’Institut Français de la Douleur, situé au 14 avenue de Verdun, 32600 L’Isle-Jourdain.
Pour les patients domiciliés dans le Gers, les séances sont organisées au centre hospitalier d’Auch, au sein du service d’hospitalisation de jour.
Ainsi, nous veillons à vous orienter vers le lieu le plus approprié, afin de faciliter votre accès aux soins et d’optimiser votre parcours thérapeutique.
De quelle manière se déroule le protocole de prise en charge ?
Notre organisation s’inscrit dans le respect des recommandations formulées en 2019 par la Société Française d’Étude et de Traitement de la Douleur (SFETD), telles qu’elles figurent dans le guide des bonnes pratiques destiné aux structures spécialisées dans la prise en charge de la douleur chronique.

Nous débutons systématiquement par une évaluation multidisciplinaire, réalisée en hospitalisation de jour (HDJ) à l’hôpital d’Auch. Cette démarche permet de valider de manière collégiale l’indication de la rTMS pour chaque patient. Une rencontre avec notre psychologue fait partie intégrante de ce bilan initial, afin d’assurer une prise en charge globale et adaptée à votre situation.
Phase d’initiation du traitement
Le protocole d’initiation de la rTMS s’organise selon le schéma suivant :
- Trois séances au cours de la première semaine
- Puis une séance hebdomadaire durant les trois semaines suivantes
Ce rythme a été conçu pour optimiser l’efficacité du traitement, tout en assurant un suivi rapproché lors de la mise en route de la prise en charge. Néanmoins, différents protocoles ayant également montré leur efficacité en pratique courante existent et sont réalisés dans d’autres centres ou cliniques.
Évaluation intermédiaire
En second lieu, un bilan médical et paramédical est réalisé un mois après le début du traitement, en hospitalisation de jour à l’hôpital d’Auch. Cette évaluation approfondie permet d’apprécier les résultats de la thérapeutique, tant sur la diminution de la douleur que sur l’amélioration de la qualité de vie.
Phase d’entretien
En cas de réponse positive au traitement – c’est-à-dire en présence d’une diminution significative des douleurs, d’une amélioration de votre qualité de vie et de votre satisfaction – une phase d’entretien est alors mise en place, afin de pérenniser les bénéfices obtenus.
Le contenu et la programmation de la machine respectent :
- Les recommandations émises en 2019 par le SFETD (Société Française d’Étude et de Traitement de la Douleur) dans son guide des bonnes pratiques des structures douleurs chroniques
- Les recommandations émises en 2019 par le SFETD concernant le traitement des douleurs neuropathiques
En France, ces recommandations sont publiées après analyse des recherches scientifiques sur la base de données Pubmed.
Combien de temps dure une séance de rTMS ?
En ce qui concerne la prise en charge, les protocoles varient selon les établissements et les praticiens. En moyenne, la fréquence de stimulation est déterminée en fonction de votre pathologie. À titre d’exemple, la phase d’induction comprend généralement de sept à neuf séances, chacune d’une durée de 20 à 30 minutes. Il n’est pas nécessaire de réaliser une IRM cérébrale avant de débuter les séances de stimulation.
À titre d’exemple, dans le domaine de la psychiatrie, les séances peuvent être limitées à une durée de 3 à 5 minutes.
Tout au long de la séance, vous demeurerez pleinement conscient. Une bobine de stimulation sera délicatement placée sur votre tête. Le praticien recherchera alors avec précision le point à stimuler, généralement le cortex moteur (M1), grâce à la détection d’un potentiel évoqué moteur.
Le bruit émis par les impulsions magnétiques peut s’avérer incommodant pour certaines personnes ; il vous est donc possible de porter des bouchons d’oreilles pour plus de confort.
Il n’est pas rare de ressentir de légères contractions musculaires du visage, comme un clignement des paupières, qui demeurent sans conséquence.
À l’issue de la séance, vous pourrez reprendre immédiatement vos activités habituelles, y compris la conduite automobile, sans aucune contre-indication.

Quelle est l’efficacité de la rTMS ?
Au terme de la phase d’induction, une diminution des douleurs d’environ 30% constitue un critère pertinent pour envisager la mise en place d’une phase d’entretien, à raison d’une séance toutes les trois à quatre semaines. Toutefois, la réduction de la douleur n’est pas l’unique élément pris en considération. Le médecin peut également s’appuyer sur d’autres indicateurs, tels que l’arrêt d’un traitement antalgique, l’amélioration de la qualité de vie ou encore le regain d’activité physique, pour apprécier pleinement les bénéfices du traitement et décider de la poursuite du suivi en phase d’entretien.
Existe-t-il des effets indésirables ?
Il est possible de ressentir, de manière transitoire :
- Asthénie (fatigue)
- Céphalées (maux de tête)
- Douleurs localisées
- Manifestations auditives passagères
Ces réactions, fréquemment observées, demeurent généralement bénignes et bien tolérées par les patients.
De façon tout à fait exceptionnelle, la stimulation peut induire une crise convulsive. C’est pourquoi une attention particulière est portée au respect des contre-indications, afin de minimiser ce risque et d’assurer la sécurité de chaque patient.
En combien de temps et pendant combien de temps serai-je soulagé(e) ?
Les effets du traitement se manifestent rapidement, et la répétition des séances en renforce à la fois l’intensité et la durée. Néanmoins, il n’est pas rare qu’il faille patienter au moins cinq séances avant de percevoir les premiers effets positifs.
Dois-je arrêter de prendre mes médicaments antidouleur ?
Vous pourrez poursuivre la prise de vos médicaments conformément à la prescription de votre médecin. Toutefois, si vous êtes sous traitement antalgique, l’objectif sera d’envisager une diminution progressive, puis, si cela est possible, un arrêt complet, en fonction de l’évolution de vos symptômes et sous supervision médicale.
Conseils pratiques
Le jeûne n’est pas requis : vous pouvez manger normalement et prendre vos médicaments habituels sans modifier vos habitudes. Conservez votre régime alimentaire usuel et poursuivez votre traitement selon la prescription de votre médecin, sauf indication contraire de la part de l’équipe soignante.