Qu’est-ce qu’une infiltration épidurale ?

Cette procédure consiste à administrer un traitement directement dans l’espace situé autour de la moelle épinière, appelé espace épidural. Elle se réalise par une injection de corticoïdes, des médicaments anti-inflammatoires puissants qui permettent de réduire l’inflammation et d’atténuer la douleur. Cette méthode est principalement utilisée pour soulager les douleurs du bas du dos ainsi que les douleurs qui peuvent descendre dans les jambes. L’injection épidurale est généralement proposée lorsque d’autres traitements, comme les médicaments ou la rééducation, n’ont pas apporté suffisamment de soulagement.


Comment se déroule une infiltration épidurale ?

Pour réaliser ce type d’infiltration, plusieurs techniques d’injection sont possibles. Le site de ponction dépend aussi de la cause de votre douleur. Certaines équipes utilisent l’imagerie comme le guidage scanner ou la fluoroscopie (rayons X en temps réel) pour optimiser le point de ponction. Cependant il est également possible de réaliser l’infiltration sans aucun guidage radiologique comme cela se fait pour la péridurale chez la femme enceinte.

Il existe trois voies d’abords pour le rachis lombaire :

  • La voie interlamaire
  • La voie foraminale ou voie transforaminale
  • La voie du hiatus sacro-coccygien

Par précaution, il est souvent recommandé de disposer d’un examen d’imagerie comme une IRM ou un scanner de la colonne vertébrale avant l’infiltration ainsi qu’un examen clinique par votre médecin algologue.

L’injection du médicament n’est pas effectuée au contact des racines nerveuses. Les corticoïdes sont injectés dans l’espace péridural (zone située en arrière des méninges, de la moelle épinière et de la dure mère). De ce fait il n’existe pas de risque de paraplégie lorsque la procédure est réalisée dans de bonnes conditions.

En ce qui concerne les infiltrations rachidiennes, il existe effectivement plusieurs sites d’injection autres que l’espace péridural. Parmi ces alternatives, le bloc facettaire constitue une technique spécifique qui cible les articulations facettaires postérieures de la colonne vertébrale, que ce soit au niveau cervical, dorsal ou lombaire. Cette procédure est indiquée notamment lorsque la douleur provient de l’arthrose ou de l’inflammation des facettes articulaires.


Quels sont les risques d’une infiltration épidurale ?

Le risque de survenue de complication est faible lorsque le praticien est expérimenté.

  • Il est courant d’observer l’apparition d’un petit hématome au niveau du site de ponction. Ce dernier disparaît généralement spontanément en 48 à 72 heures.
  • Vous pouvez ressentir, de façon transitoire, une faiblesse musculaire due à l’anesthésique local (ropivacaïne) qui vous a été injecté. Ce symptôme est temporaire et disparaît généralement spontanément.
  • Dans de rares cas (1 à 5% des procédures), une céphalée (maux de tête) peut survenir après l’intervention. Si cela se produit, il est important de contacter votre médecin algologue, qui pourra vous proposer un traitement spécifique, adapté et efficace.
  • L’infection au niveau du point de ponction reste rare, avec une fréquence d’environ 1 cas pour 70 000 procédures.
  • Enfin, de manière tout à fait exceptionnelle (environ 1 cas sur 500 000), un hématome épidural nécessitant une intervention chirurgicale peut survenir.
  • Une réaction allergique est possible pouvant entraîner des réactions cutanées dans la plupart des situations.

Quels sont les effets d’une infiltration épidurale ?

Il s’agit d’un traitement courant visant à soulager la douleur liée à une lombalgie (douleur du bas du dos) et/ou à une radiculalgie (douleurs irradiant dans les jambes), secondaire à une pathologie rachidienne telle qu’une hernie discale. Son efficacité, bien que temporaire, permet d’optimiser la rééducation, ce qui peut conduire à une diminution significative des douleurs. Cependant, certains patients rapportent une augmentation de la douleur après ce traitement. Cette réaction transitoire disparaît spontanément en quelques jours.


Qui peut réaliser une infiltration épidurale ?

Seuls des praticiens spécialisés formés peuvent proposer cette technique. Votre médecin traitant n’a généralement pas la formation nécessaire pour réaliser ce type de traitement. Ce sont surtout les anesthésistes, les rhumatologues et les radiologues interventionnels qui sont qualifiés pour effectuer ce geste médical, car il s’agit d’une procédure invasive.

Cependant, il est important de rappeler que le meilleur résultat s’obtient grâce à une prise en charge globale. L’idéal est de faire appel à une équipe médicale complète, comprenant par exemple un kinésithérapeute, un ostéopathe, une diététicienne et un psychologue. En effet, sans une approche multidisciplinaire, les chances de succès d’un traitement isolé sont souvent plus faibles.


Quand est-elle indiquée ?

L’infiltration épidurale fait partie d’une prise en charge globale et personnalisée pour soulager les douleurs du bas du dos ou des jambes, comme lors d’une lombalgie ou d’une sciatique. Ce traitement antalgique est souvent proposé en cas de hernie discale lombaire avec ou sans conflit radiculaire, notamment pour éviter une opération chirurgicale. Il permet de calmer la douleur et de faciliter la rééducation. Cependant, il existe des situations où l’infiltration n’est pas recommandée, par exemple en cas de syndrome de la queue de cheval ou de sciatique très intense avec perte de force, car une intervention chirurgicale urgente est alors nécessaire.

Après une opération du dos, certaines personnes continuent malheureusement de ressentir des douleurs. On parle alors de syndrome post-chirurgical. L’infiltration épidurale peut alors être envisagée pour aider au soulagement de la douleur, notamment en cas d’adhérences épidurales.


Quels médicaments sont utilisés ?

L’infiltration épidurale est un geste médical qui nécessite une préparation spécifique. Comme il s’agit d’une procédure un peu invasive, on vous administrera un léger calmant et une anesthésie locale pour plus de confort. C’est pourquoi il est indispensable de venir à jeun le jour de l’intervention.

Pour optimiser les résultats, nous utilisons un mélange de médicaments anti-inflammatoires (corticostéroïdes comme l’hydrocortancyl) et d’un anesthésique local semblable à celui employé pour les péridurales lors des accouchements. Lorsque l’infiltration est réalisée sous contrôle radiologique, un produit de contraste iodé peut être utilisé pour s’assurer du positionnement précis de l’aiguille.


Quelle est la durée de l’effet ?

La réponse au traitement médical dépend de plusieurs paramètres, notamment de la cause de l’épisode douloureux, les niveaux de douleurs du patient ainsi que de la durée d’action du corticostéroïde utilisé. Par exemple, la dexaméthasone présente une durée d’action plus courte que l’hydrocortancyl. L’efficacité du traitement peut varier, allant de quelques jours à plusieurs semaines.


Existe-t-il des contre-indications à la technique ?

  • Si vous avez une infection ou une fièvre : il faudra probablement retarder l’injection après s’être assuré que celle-ci est correctement traitée. Contactez votre médecin algologue en cas de doute.
  • Si vous prenez un traitement susceptible de modifier la coagulation du sang (Plavix, Lovenox, Coumadine, Previscan, Xarelto, Eliquis, Pradaxa…), il faut absolument le signaler à votre médecin afin qu’il prenne les mesures de sécurité nécessaires. Il est nécessaire d’arrêter certains médicaments afin de prévenir tout risque de complications neurologiques.

Questions fréquentes

Dois-je arrêter de prendre mes médicaments antidouleur ? Vous pourrez continuer à prendre vos médicaments tels qu’ils ont été prescrits.

Puis-je conduire ma voiture pour rentrer chez moi ? Non. Nous vous conseillons vivement d’être accompagné.

Puis-je reprendre mes activités quotidiennes normales dès le lendemain ? Prévoyez du repos pour le reste de la journée. Vous pouvez reprendre votre activité quotidienne habituelle dès le lendemain.

Dois-je venir à jeun ? Oui. Nous programmons une petite sédation de confort afin que le geste thérapeutique se déroule dans des conditions optimales de confort. Afin d’assurer votre sécurité, merci de respecter un jeûne de 6 heures avant le geste pour tout solide et liquide, sauf pour l’eau plate, que vous devrez arrêter 2 heures avant l’intervention.


Conseils pratiques

  • Prévoyez-vous une petite collation avant de repartir.
  • Prenez vos médicaments habituels sans changer vos habitudes sauf si votre médecin vous a prescrit un arrêt ou un relai de traitement (interférant avec la coagulation du sang).
  • Prévoir des vêtements amples ou qui se retirent facilement au niveau de la zone d’injection (bas du dos).
  • En cas d’absence, essayez de prévenir le plus tôt possible notre secrétariat au 05.64.72.04.20 ou via la messagerie Doctolib.