Avoir mal n’est pas une fatalité du cancer. Pendant les traitements, deux patients sur trois ressentent des douleurs : celles de la tumeur elle-même, celles des examens et des interventions, celles des traitements comme la neuropathie des chimiothérapies ou les douleurs articulaires de l’hormonothérapie. Après la guérison, certaines persistent. Dans tous les cas, elles se traitent. Les médecins de l’Institut Français de la Douleur travaillent avec les oncologues, les radiothérapeutes, les équipes de soins de support et les médecins traitants du Gers et de la Gironde, pour que le traitement de la douleur avance au même rythme que celui de la maladie.
Comprendre d’où vient la douleur
Une douleur liée au cancer a rarement une seule cause. Une métastase osseuse donne une douleur mécanique, aggravée au mouvement. Une tumeur qui comprime un nerf donne des brûlures et des décharges. Une chimiothérapie comme l’oxaliplatine ou les taxanes abîme les nerfs des pieds et des mains : c’est une neuropathie périphérique. Une chirurgie du sein ou du thorax peut laisser une douleur de cicatrice. Le médecin de la douleur fait l’inventaire de ces mécanismes, parce que chacun appelle un traitement différent.
Les médicaments, bien utilisés
Les antalgiques restent la base : paracétamol et anti-inflammatoires pour les douleurs modérées, opioïdes pour les douleurs fortes, en privilégiant une forme à libération prolongée pour le fond et une forme rapide pour les accès douloureux. Les craintes autour de la morphine sont encore fréquentes ; la réalité est qu’un opioïde bien dosé et bien surveillé est efficace et sûr, et que la dépendance n’est pas un problème dans ce contexte. Ce qui demande de l’attention, ce sont les effets indésirables, constipation en tête, et la nécessité de changer de molécule quand l’une d’elles est mal tolérée : c’est la rotation des opioïdes. Pour les douleurs nerveuses, les antiépileptiques et certains antidépresseurs sont ajoutés. Les corticoïdes, les bisphosphonates pour l’os, et la radiothérapie antalgique, souvent en une seule séance, complètent l’arsenal.
Les traitements spécialisés proposés à l’Institut
- la cure de kétamine en hospitalisation de jour, pour les douleurs rebelles aux opioïdes ou lorsque les doses deviennent trop lourdes ;
- le patch de capsaïcine Qutenza et les traitements locaux pour les neuropathies des chimiothérapies et les douleurs de cicatrice ;
- les blocs et infiltrations sous imagerie : bloc du plexus cœliaque dans les cancers du pancréas, blocs intercostaux, infiltrations rachidiennes ;
- l’analgésie intrathécale, une pompe qui délivre les antalgiques directement autour de la moelle, à doses minimes, lorsque les traitements par la bouche ne suffisent plus ou sont mal tolérés ;
- la neurostimulation TENS pour certaines douleurs localisées ;
- l’éducation thérapeutique, l’accompagnement psychologique et l’activité physique adaptée, qui réduisent la douleur et la fatigue pendant et après les traitements.
Les hospitalisations de jour ont lieu au Centre Hospitalier d’Auch pour les patients suivis à L’Isle-Jourdain et au Centre Hospitalier de Sainte-Foy-la-Grande pour ceux suivis en Gironde, en lien avec le service d’oncologie qui vous traite.
Après le cancer
De plus en plus de patients vivent longtemps après un cancer, et certains gardent des douleurs : neuropathie après chimiothérapie, douleurs de l’épaule ou du thorax après chirurgie du sein, douleurs articulaires sous hormonothérapie, raideurs après radiothérapie. Ces douleurs ont parfois été reléguées au second plan pendant le traitement. Elles méritent une consultation à part entière, avec les mêmes outils que pour toute douleur chronique.
Questions fréquentes sur la douleur du cancer
Prendre de la morphine signifie-t-il que la maladie est grave ?
Non. Le choix d’un antalgique dépend de l’intensité de la douleur, pas du stade de la maladie. La morphine ou ses équivalents sont utilisés dès que la douleur est forte, y compris pour des douleurs transitoires, et peuvent être arrêtés quand elle diminue.
Peut-on consulter un centre de la douleur pendant la chimiothérapie ?
Oui, et c’est souhaitable. Nous travaillons en lien avec l’oncologue : nos traitements n’interfèrent pas avec la chimiothérapie, et une douleur bien contrôlée permet de mieux supporter les cures.
Les fourmillements des mains et des pieds après chimiothérapie vont-ils disparaître ?
Ils s’améliorent souvent dans les mois qui suivent la fin du traitement, mais pas toujours complètement. Les traitements locaux comme le patch Qutenza, la neurostimulation et les médicaments de la douleur nerveuse permettent de les réduire.
Qu’est-ce qu’une pompe intrathécale ?
C’est un petit réservoir implanté sous la peau, relié à un cathéter qui délivre la morphine et d’autres antalgiques directement dans le liquide qui entoure la moelle épinière. Les doses nécessaires sont bien plus faibles qu’en comprimés, avec moins d’effets indésirables. Elle est proposée pour les douleurs sévères qui résistent aux autres traitements.
Prendre rendez-vous
Consultation avec un médecin de la douleur à L’Isle-Jourdain (à 30 minutes de Toulouse) ou à Sainte-Foy-la-Grande (près de Bordeaux, Libourne et Bergerac), avec ou sans courrier de votre médecin traitant. Vous pouvez remplir le questionnaire avant consultation pour gagner du temps le jour du rendez-vous.
Vous êtes médecin ? Vous pouvez nous adresser votre patient par MSSanté ou Doctolib : consultez l’espace médecins – adresser un patient.