Le zona est la réactivation, des années après la varicelle, du virus resté endormi dans un ganglion nerveux. Il provoque une éruption douloureuse sur une bande de peau, d’un seul côté du corps, le plus souvent sur le thorax, mais aussi au visage, au cou ou sur une cuisse. En deux à quatre semaines, les lésions cicatrisent. Le problème, c’est quand la douleur reste. On parle de névralgie post-zostérienne lorsqu’elle persiste au-delà de trois mois : brûlure permanente, décharges, et surtout cette douleur insupportable au simple contact des vêtements. Après 60 ans, cela concerne près d’un patient sur cinq. C’est l’une des douleurs neuropathiques les plus fréquentes que nous voyons à l’Institut Français de la Douleur.
Pourquoi la douleur persiste-t-elle ?
Le virus a abîmé les fibres nerveuses de la zone touchée. Certaines ne transmettent plus rien, d’où l’engourdissement ; d’autres envoient des signaux de douleur sans raison, d’où les brûlures et les décharges. Le système nerveux central, lui, s’est sensibilisé : un frottement anodin est interprété comme une agression. C’est une douleur neuropathique typique, et elle ne répond pas aux antalgiques habituels. Le paracétamol et les anti-inflammatoires n’y font rien, et les opioïdes soulagent peu au prix d’effets indésirables importants chez des patients souvent âgés.
Les premiers jours : une fenêtre à ne pas manquer
Deux gestes réduisent le risque de douleur chronique : un traitement antiviral commencé dans les 72 heures suivant l’éruption, et un contrôle rapide de la douleur aiguë. Le médecin traitant est en première ligne. À plus long terme, la vaccination contre le zona, recommandée en France à partir de 65 ans et plus tôt chez les personnes immunodéprimées, divise par dix le risque de névralgie post-zostérienne. Si vous avez eu un zona douloureux, parlez-en.
Traiter une névralgie post-zostérienne installée
Le traitement commence par les moyens locaux, qui ont l’avantage de ne pas passer par le sang : emplâtres de lidocaïne sur la zone douloureuse, et surtout le patch de capsaïcine à haute concentration (Qutenza). Appliqué pendant une heure en hospitalisation de jour, il « désensibilise » les terminaisons nerveuses de la peau pendant environ trois mois, et le traitement peut être renouvelé. C’est l’une des indications où il est le plus efficace. Nos patients de L’Isle-Jourdain sont traités au CH d’Auch, ceux de Gironde au CH de Sainte-Foy-la-Grande.
Viennent ensuite les médicaments de la douleur nerveuse (gabapentine, prégabaline, certains antidépresseurs à visée antalgique), introduits à petites doses et augmentés progressivement, avec une surveillance particulière de la somnolence et des chutes chez les personnes âgées. La neurostimulation TENS est utile lorsque les électrodes peuvent être posées autour de la zone sans la toucher. Dans les formes rebelles, nous discutons des blocs anesthésiques, et, en hospitalisation de jour, d’une cure de kétamine.
Le zona du visage et de l’œil
Lorsque le zona touche le front et l’œil (zona ophtalmique), l’avis d’un ophtalmologue est indispensable en urgence, et la douleur chronique est plus fréquente. Ces patients bénéficient d’une prise en charge rapprochée, souvent en lien avec le neurologue.
Questions fréquentes sur le zona et ses douleurs
Combien de temps dure la douleur après un zona ?
Chez la plupart des patients, la douleur disparaît avec les lésions, en un mois. Si elle persiste plus de trois mois, on parle de névralgie post-zostérienne : sans traitement adapté, elle peut durer des années, mais elle se traite.
Le patch Qutenza est-il efficace sur la névralgie post-zostérienne ?
C’est l’une de ses meilleures indications. Une application d’une heure soulage environ un patient sur deux pendant trois mois, et le traitement est renouvelable. L’application se fait en hospitalisation de jour, après une anesthésie locale de la peau.
Puis-je me faire vacciner si j’ai déjà eu un zona ?
Oui. La vaccination est recommandée en France dès 65 ans, y compris après un zona, à distance de l’épisode. Elle réduit fortement le risque de récidive et de douleur chronique. Votre médecin traitant ou votre pharmacien peut la réaliser.
Les vêtements me font mal sur la cicatrice du zona : est-ce normal ?
Cette douleur au frottement s’appelle l’allodynie. Elle est caractéristique de la douleur nerveuse et répond mal aux antalgiques classiques, mais bien aux traitements locaux (lidocaïne, capsaïcine) et aux médicaments de la douleur neuropathique.
Prendre rendez-vous
Consultation avec un médecin de la douleur à L’Isle-Jourdain (à 30 minutes de Toulouse) ou à Sainte-Foy-la-Grande (près de Bordeaux, Libourne et Bergerac), avec ou sans courrier de votre médecin traitant. Vous pouvez remplir le questionnaire avant consultation pour gagner du temps le jour du rendez-vous.
Vous êtes médecin ? Vous pouvez nous adresser votre patient par MSSanté ou Doctolib : consultez l’espace médecins – adresser un patient.