Quelles sont les causes des douleurs cervicales ?
La cervicalgie est une pathologie très fréquente qui touche la région du cou et de la nuque. Elle est le plus souvent causée par une mauvaise posture, notamment une position prolongée inadaptée au travail ou pendant le sommeil sur un oreiller inadapté. Cette mauvaise habitude provoque une tension musculaire importante, générant spasmes, raideur et diminution de la mobilité cervicale.
Par ailleurs, les douleurs au niveau cervicales peuvent être dues à des pathologies dégénératives, telles que l’arthrose cervicale, caractérisée par une usure des vertèbres et des disques intervertébraux. Cette lésion discale peut entraîner une compression des racines nerveuses ou d’un nerf cervical, provoquant une douleur irradiant vers l’épaule, le bras, voire la tête. La hernie discale cervicale correspond à une protrusion discale accentuant la compression nerveuse et les troubles neurologiques. La spondylose cervicale correspond à une dégénérescence progressive des structures osseuses et discales de la colonne cervicale.
Les traumatismes, tels que l’entorse cervicale ou le torticolis, constituent également une cause fréquente, provoquant lésions musculaires et ligamentaires accompagnées d’une raideur souvent aggravée par une fatigue musculaire. Le stress chronique peut majorer la contraction musculaire et favoriser l’apparition ou la persistance de la douleur.

Le diagnostic précis implique un examen clinique réalisé par un médecin, complété si nécessaire par une imagerie médicale telle que l’IRM, afin d’identifier avec exactitude la cause de la douleur, des symptômes et de cibler la prise en charge.
Comment soulager la douleur cervicale ?
Il est conseillé d’appliquer un traitement sur mesure combinant diverses méthodes pour atténuer les douleurs cervicales. L’emploi de médicaments antidouleur ou anti-inflammatoires peut parfois être indispensable lors de la phase aiguë, toutefois, il est important de restreindre leur période d’utilisation. Les recommandations mondiales favorisent désormais la thérapie physique et la réhabilitation musculaire comme principales méthodes de traitement.
La thérapie par la kinésithérapie comprend des sessions d’auto-massage, des étirements spécifiques, ainsi que des exercices de renforcement musculaire au niveau du cou, dans le but de diminuer la rigidité et la tension musculaire tout en augmentant la mobilité. L’utilisation de chaleur localisée, en particulier grâce à des compresses, contribue à réduire les contractions musculaires et la douleur.
Il est crucial d’adopter une posture de sommeil appropriée avec un oreiller adéquat, garantissant un support approprié pour la nuque, afin d’éviter les douleurs nocturnes et leur réapparition au réveil. Les recommandations de posture au bureau aident à prévenir l’intensification de la douleur et soutiennent le retour aux activités habituelles.
Plusieurs thérapies plus intrusives sont recommandées au niveau international pour les cas de cervicalgies résistantes ou graves :
Infiltrations : Le recours à des infiltrations de corticostéroïdes ou d’anesthésiques peut être considéré pour atténuer l’inflammation et la souffrance, particulièrement lorsqu’il s’agit d’un syndrome facettaire ou d’une radiculopathie cervicale. Cependant, l’efficacité de ces traitements peut varier et ils sont souvent réservés aux cas qui ne répondent pas à la kinésithérapie.
Traitements par radiofréquence : On recourt parfois à la neurotomie par radiofréquence pour soigner les douleurs facettaires chroniques, en éliminant les nerfs qui véhiculent la douleur. Cette méthode suscite encore des controverses et n’est pas toujours préconisée.
Chirurgie : On recommande la chirurgie cervicale en cas de déficit neurologique majeur, de douleur aiguë qui ne répond pas aux soins médicaux, ou lors d’une compression grave des racines nerveuses ou de la moelle épinière. Les procédures les plus fréquemment pratiquées incluent la discectomie cervicale antérieure associée à l’arthrodèse ou l’arthroplastie, ayant pour objectif de relâcher la pression sur les nerfs et d’assurer la stabilité de la colonne cervicale.

Autres approches additionnelles : Il se peut que certains établissements offrent la mésothérapie ou le traitement par laser (thérapie au laser de basse intensité) en supplément, néanmoins ces techniques sont soutenues par un degré de preuve faible à modéré dans les publications scientifiques.
Les conseils soulignent l’importance de restreindre les procédures invasives aux situations soigneusement choisies, après l’échec des traitements conservateurs appropriés, en considérant le rapport entre les avantages et les risques, et dans le cadre d’une démarche multidisciplinaire.
Quand consulter un médecin pour douleur cervicale ?
Il est primordial de voir un professionnel de la santé dès l’apparition d’une douleur aiguë, d’une douleur cervicale persistante ou d’une douleur d’intensité élevée. Il est impératif de consulter rapidement si la douleur est associée à des symptômes neurologiques comme des engourdissements, des fourmillements ou une faiblesse dans le bras ou la main, indiquant possiblement une compression nerveuse.
Le docteur effectue une évaluation clinique détaillée et, si besoin, ordonnera une IRM ou d’autres types d’analyses d’imagerie pour valider le diagnostic et identifier les dommages ou maladies sous-jacentes. Une intervention précoce peut éviter des complications, y compris des problèmes durables de mobilité ou de sensibilité.
Voici les principales justifications pour une visite médicale urgente :
Une douleur cervicale extrêmement forte et tenace, qui ne montre pas d’amélioration avec le repos ou les médicaments conventionnels.
L’apparition de symptômes neurologiques tels qu’une faiblesse musculaire ou une diminution de la force dans les bras ou les jambes, des engourdissements, des picotements ou une diminution de la sensibilité, indiquant potentiellement une compression nerveuse sévère de la moelle épinière ou des racines nerveuses.
Une rigidité intense accompagnée d’une forte fièvre, de sueurs nocturnes et d’une perte de poids inexpliquée pourrait indiquer une infection, une inflammation sérieuse ou une maladie tumorale.
Toute difficulté ou inconfort lors de la déglutition, ainsi que l’émergence de problèmes neurologiques tels que la confusion, la léthargie, les troubles d’équilibre ou une incontinence urinaire/fécale.
Une douleur cervicale qui se manifeste suite à un traumatisme majeur (comme une chute importante ou un accident de la circulation), ou chez un individu présentant une instabilité musculaire ou vertébrale identifiable (par exemple : spondylarthrite, ostéoporose).
Des symptômes liés au système cardiovasculaire tels qu’une douleur thoracique qui se propage vers le cou ou le bras, des sueurs instantanées ou une difficulté à respirer pourraient exiger une consultation médicale d’urgence sans délai.
Quels exercices pour douleurs cervicales ?
Il est essentiel de pratiquer des exercices spécifiques pour réduire la rigidité et rétablir la flexibilité du cou. Il est nécessaire d’adapter les programmes de rééducation proposés par la kinésithérapie à la condition individuelle de chaque patient. L’exercice régulier contribue aussi à réduire la fatigue musculaire et le stress, tout en fortifiant la résistance des tissus cervicaux.
Ces programmes mettent l’accent sur les étirements des muscles du cou, le renforcement musculaire et le mouvement doux de la colonne cervicale. Ces activités aident à maintenir la santé de la colonne cervicale et à éviter toute compression des nerfs.
Voici les exercices conseillés :
Entraînement musculaire : Ces exercices visent principalement les muscles profonds du cou, y compris les muscles stabilisateurs cervicaux qui portent la colonne vertébrale et contribuent à conserver une posture appropriée. Le renforcement de ces muscles contribue à diminuer la douleur en améliorant la posture et la stabilité du cou. Ces activités intègrent fréquemment des contractions isométriques de faible intensité.
Assouplissements musculaires : La pratique régulière de l’assouplissement des muscles du cou et des trapèzes contribue à accroître la flexibilité musculaire, à diminuer la rigidité et à abaisser la tension musculaire, un élément clé des douleurs cervicales persistantes.
Exercices de mobilité et mobilisation : Ces mouvements actifs de la colonne cervicale ont pour but de conserver ou rétablir l’amplitude du mouvement. Il est conseillé de faire ces mouvements pour prévenir la réduction de mobilité fréquemment liée à la douleur cervicale chronique.
Exercices d’endurance : Il est recommandé de renforcer l’endurance musculaire des muscles cervicaux afin de mieux supporter les charges quotidiennes sans ressentir de douleurs. Ces activités aident à diminuer la fatigue musculaire.
Réhabilitation posturale et thérapie fonctionnelle : Les programmes intègrent fréquemment des activités destinées à rectifier les postures incorrectes et à réhabituer les muscles à adopter une position ergonomique, en particulier en ce qui concerne un poste de travail.
Les programmes d’exercices doivent être adaptés en fonction de l’état et de la résistance du patient, et idéalement supervisés par un physiothérapeute pour optimiser leur efficacité et réduire le risque de surmenage.
Comment améliorer la posture au travail ?
Une posture ergonomique au travail est essentielle pour prévenir les douleurs cervicales et les troubles musculo-squelettiques. Voici les principales recommandations :
Positionnement de l’écran : L’écran doit être placé à hauteur des yeux, à environ 50-70 cm du visage, pour éviter la flexion prolongée du cou.
Hauteur de la chaise : Ajuster la hauteur de la chaise pour que les pieds reposent à plat sur le sol et que les genoux forment un angle de 90 degrés.
Support lombaire : Utiliser un support lombaire ou un coussin pour maintenir la courbure naturelle du dos.
Position du clavier et de la souris : Les périphériques doivent être à une distance permettant de garder les avant-bras parallèles au sol et les épaules détendues.
Pauses régulières : Prendre des pauses actives toutes les 30 à 60 minutes pour se lever, s’étirer et mobiliser le cou.
Réglage de l’éclairage : Un éclairage adéquat réduit la fatigue oculaire et évite les postures compensatoires néfastes.
Utilisation d’un repose-document : Pour limiter les rotations répétées du cou lors de la consultation de documents papier.
Maintien d’une activité physique régulière : Même modérée, une activité physique contribue à renforcer les muscles cervicaux et généraux, améliore la posture et réduit la fréquence des douleurs.
Quels sont les symptômes de la cervicalgie ?
Le symptôme dominant est la douleur cervicale, qui peut être localisée ou se propager vers les épaules, les bras ou la tête. Cette douleur peut fluctuer de modérée à sévère et peut être exacerbée par certains gestes ou postures prolongées.
On constate souvent une rigidité musculaire associée à une restriction de la mobilité cervicale, ce qui rend difficile la rotation ou l’inclinaison de la tête.
Les individus peuvent éprouver des sensations de picotement, d’engourdissement ou de faiblesse au niveau du bras ou de la main, qui pourraient indiquer une compression nerveuse due à une hernie discale ou à une ostéophyte cervicale.
Il est fréquent d’observer des contractions musculaires autour de la colonne cervicale, ce qui intensifie la douleur et la limitation fonctionnelle.
Il est possible que certains cas de cervicalgie se manifestent également par des céphalées cervicales, généralement localisées à la nape du crâne et susceptibles de se propager au cuir chevelu.
Des symptômes comme des étourdissements, des problèmes d’équilibre ou des perceptions auditives atypiques peuvent se manifester, notamment si la moelle épinière subit une pression ou en présence d’une irritation des structures nerveuses.
Le tableau clinique comprend également une fatigue musculaire locale et une sensation de pression ou de tension dans la région du cou.
Il est essentiel d’évaluer ces signes cliniques dans un cadre global, comprenant un examen neurologique et, si besoin, des examens d’imagerie (IRM) pour valider le diagnostic et ajuster la thérapie.
Quels sont les traitements que propose l’Institut Français de la Douleur dans la cervicalgie ?
L’Institut Français de la Douleur propose une gamme de traitements pour la cervicalgie, accompagnés de leurs indications et soutenus par les recommandations scientifiques trouvées sur PubMed :

TENS (Stimulation Électrique Nerveuse Transcutanée)
La TENS est une technique qui utilise des électrodes placées sur la peau à la région cervicale pour appliquer des courants électriques de faible intensité. L’objectif est de diminuer la douleur en régulant le passage des signaux nerveux douloureux vers le système nerveux central.
Indications : Soulagement des douleurs musculo-squelettiques chroniques, particulièrement pour la cervicalgie qui ne répond pas aux thérapies classiques. On recommande le TENS comme une thérapie additionnelle non invasive, particulièrement dans les situations de douleur neuropathique ou mixte. Il possède un profil de sécurité favorable et peut être utilisé en milieu ambulatoire.
Preuves PubMed : Des recherches montrent une diminution modérée de la douleur et un meilleur fonctionnement, surtout lorsqu’il est inclus dans une approche multidisciplinaire.
Radiofréquence pulsée ou thermique
Cette méthode implique l’utilisation d’une énergie thermique ou pulsée par sonde afin de provoquer des lésions aux fibres nerveuses chargées de transmettre la douleur, notamment les nerfs facettaires ou les branches médianes cervicales.
Indications : Employée pour les douleurs cervicales d’origine facettaire ou neuropathique qui ne répondent pas aux traitements non invasifs. La radiofréquence pulsée exerce un effet de neuromodulation sans endommagement nerveux permanent, alors que la radiofréquence thermique entraîne une destruction partielle des fibres nerveuses.
Preuves PubMed : De nombreuses recherches cliniques appuient l’efficacité de ces techniques pour diminuer durablement la douleur et améliorer la qualité de vie, en privilégiant la radiofréquence pulsée grâce à son profil de sécurité.
Infiltration foraminale cervicale
Elle implique l’administration de corticostéroïdes et/ou d’anesthésiques locaux dans les foramens intervertébraux, où circulent les racines nerveuses. Cette méthode a pour objectif de diminuer l’inflammation des nerfs et la douleur radiculaire.
Recommandations : Préconisée en présence de douleurs irradiantes accompagnées de signes cliniques ou d’IRM indiquant une névralgie cervico-brachiale attribuée à une hernie discale ou une sténose foraminale.
Evidence PubMed : Préconisée en tant que traitement conservateur efficace lorsque la physiothérapie et le traitement médicamenteux par voie orale ne suffisent pas, avec une amélioration symptomatique de modérée à significative.
Cervical Erector Block
Cette approche locale a pour but de bloquer les muscles érecteurs du cou, fréquemment responsables de spasmes et douleurs mécaniques.
Indications : Employé dans les cervicalgies musculaires accompagnées de fortes contractures douloureuses qui ne répondent pas aux traitements traditionnels.
Preuves PubMed : Bien qu’il existe peu d’études solides, quelques données indiquent un effet analgésique temporaire associé à une amélioration de la fonction musculaire, à considérer dans un plan d’ensemble.
Stimulation magnétique transcranienne répétitive (rTMS)
La rTMS est une méthode non invasive qui vise les régions corticales liées à la sensation de la douleur afin d’ajuster l’activité cérébrale et diminuer la douleur persistante.
Utilisation : Utilisée pour les douleurs cervicales chroniques, en particulier celles qui comportent une composante neuropathique résistante aux traitements conventionnels.
Preuve PubMed : Diverses études cliniques démontrent une diminution notable de la douleur et une amélioration fonctionnelle persistante en complément d’une approche multidisciplinaire.
Injection de BOTOX dans les points de gâchette (trigger points)
On administre le Botox (toxine botulique) directement dans les muscles hypertoniques affectés par des points de gâchette, responsables de douleurs référées et de spasmes.
Utilisation : Atténuation des douleurs musculaires persistantes associées aux points gâchettes douloureuses dans le cadre de la cervicalgie et des douleurs myofasciales connexes.
Preuve PubMed : Les études indiquent une diminution notable de la douleur et un progrès de la mobilité, cependant ces résultats peuvent varier d’un patient à l’autre, exigeant une sélection minutieuse et une supervision spécialisée.
