Avoir mal à la tête un jour sur deux change une vie. On annule, on s’isole, on prend un comprimé « au cas où », et le comprimé finit par entretenir la douleur. La céphalée chronique quotidienne, définie par plus de quinze jours de maux de tête par mois depuis plus de trois mois, touche environ 3 % des adultes. Derrière elle, deux grands diagnostics : la migraine chronique et la céphalée de tension chronique, souvent mêlées, et un facteur aggravant presque constant, l’abus médicamenteux. À l’Institut Français de la Douleur, nous recevons ces patients en complément du neurologue, pour les sortir de l’engrenage. Notre page sur les céphalées décrit les autres causes de maux de tête.

Quand le mal de tête devient chroniqueLe seuil : plus de 15 jours de maux de tête par mois, depuis plus de 3 moisUn mois type de migraine chronique12345678910111213141516171819202122232425262728293017 jours de céphalée dont 8 de migraineCéphalée de tension chroniquePression ou étau des deux côtés, sans nausée,tolère l’activité ; souvent liée au stress,au sommeil et aux tensions cervicalesMigraine chroniqueAu moins 8 jours de migraine par mois : douleurpulsatile, nausées, gêne à la lumière et au bruit ;souvent après des années de migraine épisodiqueLe piège : l’abus médicamenteuxAntalgiques plus de 15 jours par mois (ou triptans plus de10 jours) : ils entretiennent la céphalée au lieu de la calmer
Les deux formes de céphalée chronique et le cercle vicieux de l’abus médicamenteux.

Migraine chronique ou céphalée de tension ?

La migraine est une douleur pulsatile, souvent d’un côté, avec des nausées et une intolérance à la lumière et au bruit, aggravée par l’effort. Elle devient chronique quand elle est présente au moins huit jours par mois sur un fond de céphalée quasi quotidienne. La céphalée de tension, elle, serre comme un étau des deux côtés, sans nausée, et n’empêche pas de bouger ; elle est entretenue par le stress, le manque de sommeil, les tensions des muscles du cou et de la mâchoire. Beaucoup de patients ont les deux. Un agenda des maux de tête tenu pendant un mois, avec les prises de médicaments, est l’outil de diagnostic le plus utile : nous vous demanderons de le remplir avant la consultation.

Une céphalée nouvelle après 50 ans, brutale, ou accompagnée de fièvre, de troubles visuels persistants ou de signes neurologiques, n’entre pas dans ce cadre et nécessite un avis rapide.

Sortir de l’abus médicamenteux

C’est souvent la première étape, et la plus difficile. Prendre des antalgiques plus de quinze jours par mois, ou des triptans plus de dix jours, finit par abaisser le seuil de la douleur : la céphalée revient dès que le médicament s’élimine. Le sevrage, encadré, sur quelques semaines, s’accompagne d’une aggravation transitoire que nous aidons à traverser, parfois avec une courte cure de corticoïdes ou une hospitalisation de jour. Chez la majorité des patients, le nombre de jours de céphalée diminue nettement dans les deux mois qui suivent.

Le traitement de fond

L’objectif est de réduire le nombre de jours de céphalée, pas de supprimer chaque crise. Les traitements de fond classiques (certains bêtabloquants, antiépileptiques, antidépresseurs à petite dose) sont prescrits en premier. Dans la migraine chronique, deux traitements ont changé la donne : les injections de toxine botulinique, réalisées tous les trois mois selon un protocole précis de 31 points sur le crâne et le cou, que nous pratiquons à l’Institut, et les anticorps anti-CGRP, prescrits par le neurologue. Lorsqu’une névralgie d’Arnold entretient les douleurs de l’arrière de la tête, une infiltration du nerf apporte un soulagement rapide.

Ce qui ne passe pas par les médicaments

La régularité du sommeil et des repas, l’activité physique d’endurance, la gestion du stress et la relaxation ont un effet démontré sur la fréquence des crises. Les techniques de neurostimulation, TENS cervicale ou stimulation externe du nerf trijumeau, aident certains patients. La rTMS est à l’étude dans la migraine chronique et peut être proposée dans les formes réfractaires. L’éducation thérapeutique et l’accompagnement psychologique, en particulier face à l’anxiété anticipatoire de la crise suivante, font partie intégrante du traitement.

Cette prise en charge est proposée à L’Isle-Jourdain, près de Toulouse, et au Centre Hospitalier de Sainte-Foy-la-Grande, en lien avec votre neurologue et votre médecin traitant.

Questions fréquentes sur la migraine chronique

À partir de quand parle-t-on de migraine chronique ?

Lorsque les maux de tête sont présents au moins quinze jours par mois depuis plus de trois mois, dont au moins huit jours avec les caractéristiques de la migraine. Un agenda des céphalées permet de le vérifier.

Mes antalgiques peuvent-ils entretenir mes maux de tête ?

Oui, c’est la céphalée par abus médicamenteux : au-delà de quinze jours de prise par mois (dix pour les triptans ou les opioïdes), les antalgiques abaissent le seuil de la douleur. Le sevrage encadré est la première étape du traitement.

La toxine botulinique est-elle remboursée pour la migraine ?

La toxine botulinique a une autorisation dans la migraine chronique en France et est prise en charge dans ce cadre, sur prescription par un médecin formé au protocole. Les injections sont renouvelées tous les trois mois tant qu’elles sont efficaces.

Dois-je voir un neurologue ou un médecin de la douleur ?

Les deux se complètent. Le neurologue confirme le diagnostic et prescrit les traitements de fond, y compris les anticorps anti-CGRP ; le centre de la douleur prend en charge le sevrage médicamenteux, la toxine botulinique, les infiltrations, les neurostimulations et l’accompagnement global.

Prendre rendez-vous

Consultation avec un médecin de la douleur à L’Isle-Jourdain (à 30 minutes de Toulouse) ou à Sainte-Foy-la-Grande (près de Bordeaux, Libourne et Bergerac), avec ou sans courrier de votre médecin traitant. Vous pouvez remplir le questionnaire avant consultation pour gagner du temps le jour du rendez-vous.

Vous êtes médecin ? Vous pouvez nous adresser votre patient par MSSanté ou Doctolib : consultez l’espace médecins – adresser un patient.