Qu’est-ce qu’une infiltration sacro-iliaque ?
L’infiltration sacro-iliaque est une procédure médicale consistant à injecter un anesthésique local, associé à des corticostéroïdes, directement dans l’articulation sacro-iliaque sous guidage par imagerie (échographie ou fluoroscopie). Ce geste, généralement simple, présente un faible risque d’effets secondaires ou de complications graves. Elle est utilisé à la fois comme test diagnostique pour identifier l’origine d’une lombalgie et comme traitement ciblé de l’inflammation de l’articulation sacro-iliaque.
L’articulation sacro-iliaque est une articulation synoviale située au centre du bassin, de part et d’autre du sacrum, dans la région lombaire. Elle assure la jonction entre le sacrum, segment terminal de la colonne vertébrale, et les deux os iliaques du bassin.
Comment se déroule une infiltration ?
Après une consultation médicale et un examen physique, votre médecin algologue peut vous proposer une infiltration de l’articulation sacro-iliaque. Cette procédure consiste à introduire une aiguille dans l’articulation sacro-iliaque, après administration d’une anesthésie locale et, si nécessaire, d’une légère sédation pour votre confort. La mise en place produit de contraste permet de vérifier, sous contrôle radiologique (fluoroscopie), le bon positionnement de l’aiguille à l’intérieur de l’articulation. L’injection d’anesthésique et de corticostéroïdes locaux permet un soulagement de la douleur.
Il s’agit d’une intervention relativement simple, d’une durée de 15 à 20 minutes. Un repos et un arrêt de travail sont recommandés le jour de l’injection. Dès le lendemain, aucune précaution particulière n’est nécessaire et vous pouvez reprendre vos activités habituelles.
Quels sont les effets de l’infiltration ?
L’infiltration sacro-iliaque vise à soulager la douleur en injectant un anesthésique local et un anti-inflammatoire directement dans la zone douloureuse, du côté de l’articulation concernée. En cas de douleur chronique, l’efficacité de l’infiltration est généralement reconnue lorsque le soulagement dépasse 80%. Si aucune amélioration n’est constatée après la procédure, il est probable que l’articulation sacro-iliaque ne soit pas responsable de vos symptômes. Il conviendra alors de rechercher une autre cause, notamment au niveau du rachis lombaire.

Quand envisager une infiltration ?
L’infiltration sacro-iliaque est utilisée dans deux principales situations :
- Diagnostic : Elle permet d’identifier l’origine des douleurs dans le bas du dos, appelées lombalgies, dont les causes peuvent être multiples : disque intervertébral, plateaux vertébraux, articulations postérieures (facettes), muscles, nerfs ou articulation sacro-iliaque. L’examen clinique et l’imagerie (scanner, IRM) ne suffisent souvent pas à confirmer le diagnostic. Seule l’infiltration-test, réalisée sous contrôle radiographique, permet de déterminer avec certitude si l’articulation sacro-iliaque est responsable de la douleur. Si la douleur disparaît après l’injection, le diagnostic est confirmé.
- Traitement médical : Si l’infiltration-test est positive (soulagement de plus de 80%), des infiltrations thérapeutiques peuvent être proposées pour traiter l’inflammation de l’articulation. Elles permettent un soulagement durable, parfois de plusieurs mois. En cas de récidives fréquentes, une technique de radiofréquence thermique continue peut être envisagée pour prolonger le soulagement de la douleur sur plusieurs mois. Une consultation de suivi médical est essentiel pour adapter la prise en charge et discuter des différentes options thérapeutiques.
Les pathologies les plus fréquentes à l’origine d’une douleur de l’articulation sacro-iliaque sont :
- L’arthrose (usure du cartilage articulaire).
- La spondylarthrite ankylosante, maladie inflammatoire chronique.
- Les antécédents de chirurgie du rachis, comme l’arthrodèse lombaire.
D’autres causes incluent les traumatismes, les déséquilibres posturaux, la grossesse ou certaines maladies inflammatoires.
Quels sont les risques d’une infiltration ?
Le risque de complication est assez faible car cette procédure est réalisée sous guidage radiologique (rayon X ou échographie).
Bien que généralement considérée comme sûre, cette procédure n’est pas exempte de complications, même si celles-ci restent rares.
Selon la littérature médicale consultée sur PubMed, les complications les plus fréquemment rapportées sont la douleur temporaire au point d’injection, généralement modérée et transitoire, ainsi que la survenue d’un hématome, surtout chez les patients sous traitement anticoagulant. Les infections, bien que très rares (moins d’un cas sur 70 000 pour les infiltrations en général), représentent une complication grave qui nécessite une prise en charge rapide. Des lésions nerveuses peuvent également survenir de manière exceptionnelle si l’aiguille touche un nerf à proximité de l’articulation.
D’autres effets indésirables incluent des réactions allergiques aux produits injectés (corticoïdes, anesthésiques locaux ou produits de contraste), ainsi que des effets secondaires liés à l’utilisation répétée de corticoïdes, tels qu’une perturbation de la glycémie, une prise de poids temporaire, une faiblesse musculaire ou, à long terme, une ostéoporose. Enfin, une recrudescence temporaire de la douleur peut survenir dans les heures suivant l’infiltration, mais elle reste généralement passagère.
Quel est le meilleur traitement pour la douleur en rapport avec une atteinte de l’articulation sacro-iliaque ?
Le traitement initial repose sur une prise en charge pluridisciplinaire comprenant un renforcement musculaire et la reprise d’une activité physique encadrée par un kinésithérapeute, associés à des médicaments de première intention tels que les anti-inflammatoires. En cas d’échec de cette approche, des infiltrations peuvent être proposées. Si celles-ci ne s’avèrent pas suffisamment efficaces à long terme, des procédures telles que la radiofréquence thermique sont envisagées par notre équipe. En dernier recours, une traitement chirurgical d’arthrodèse sacro-iliaque peut être considérée.
Comment évaluer l’efficacité de l’infiltration ?
Après contrôle radiologique du bon positionnement de l’aiguille, la cortisone est injectée directement dans l’articulation. Le médicament commence généralement à agir en quelques jours, avec un soulagement de la douleur et de l’inflammation qui peut s’observer entre 2 jours et 2 semaines suivant l’injection, selon la réponse individuelle du patient. L’effet bénéfique peut se prolonger de quelques jours à plusieurs semaines, voire jusqu’à deux mois dans certains cas.
Il est recommandé de prévoir une évaluation clinique ultérieure afin de confirmer l’efficacité du traitement. Cette réévaluation permet de mesurer le degré de soulagement obtenu, qui doit idéalement atteindre environ 80% pour être considéré comme satisfaisant. Cette démarche est essentielle pour adapter la prise en charge et décider, si besoin, d’un éventuel complément thérapeutique.