« L’opération s’est bien passée, mais j’ai toujours mal. » Cette phrase, nous l’entendons chaque semaine. Une douleur qui persiste plus de trois mois après une intervention concerne, selon les chirurgies, entre 10 et 30 % des patients : prothèse de genou, chirurgie du dos, hernie inguinale, chirurgie du sein ou du thorax, amputation. Ce n’est ni une fatalité ni le signe que l’opération a été ratée. Le plus souvent, un nerf a été irrité, ou le système nerveux a gardé la douleur en mémoire. Ces douleurs ont leurs traitements, différents de ceux de la douleur postopératoire immédiate, et c’est précisément le métier d’un centre de la douleur.
Le dos opéré qui fait encore mal
Après une chirurgie de hernie discale ou une arthrodèse lombaire, une partie des patients garde une douleur du dos ou de la jambe. Il faut d’abord vérifier qu’il n’y a pas de cause mécanique accessible : récidive de hernie, instabilité, arthrose des articulations voisines. L’IRM et l’examen clinique le disent. Lorsque la douleur de jambe est nerveuse et persistante, la neurostimulation médullaire est le traitement le mieux validé : une électrode placée dans le canal rachidien brouille les messages douloureux, après une période de test qui permet de vérifier l’efficacité avant toute implantation définitive. Les infiltrations épidurales et facettaires gardent une place pour les composantes inflammatoires et articulaires.
Le genou douloureux après prothèse
Environ un patient sur cinq reste gêné après une prothèse totale de genou, avec une prothèse pourtant bien posée. Après avoir éliminé une infection ou un descellement avec le chirurgien, nous proposons la radiofréquence des nerfs géniculés : les petits nerfs sensitifs du genou sont d’abord anesthésiés pour tester, puis traités par radiofréquence si le test est positif. Le soulagement dure souvent plusieurs mois et le geste peut être répété. Pour en savoir plus sur les autres causes, voir notre page sur la douleur du genou.
Les cicatrices qui brûlent : la douleur du nerf
Après une hernie inguinale, une chirurgie du sein, une thoracotomie ou une césarienne, la douleur siège souvent près de la cicatrice, avec des brûlures, des décharges et une peau à la fois engourdie et hypersensible. C’est une douleur neuropathique par lésion d’un petit nerf. Le patch de capsaïcine Qutenza, les emplâtres de lidocaïne, les blocs du nerf concerné sous échographie et les médicaments de la douleur nerveuse sont les traitements de première intention. La TENS est souvent utile. Dans les douleurs du membre fantôme après amputation, nous y associons la thérapie miroir et, dans les formes sévères, une cure de kétamine.
Prévenir : en parler avant l’opération
Si vous avez déjà une douleur chronique, si vous prenez des opioïdes, ou si vous avez eu une douleur difficile après une précédente intervention, dites-le à votre chirurgien et à l’anesthésiste. Une consultation avant l’opération permet d’adapter l’anesthésie et les antalgiques, et de prévoir le suivi. Nos médecins reçoivent les patients adressés par les anesthésistes et chirurgiens de la région toulousaine et de Gironde dans ce but.
Questions fréquentes sur les douleurs après chirurgie
Au bout de combien de temps une douleur après une opération est-elle anormale ?
La douleur postopératoire normale diminue régulièrement en quelques semaines. Une douleur qui persiste ou réapparaît au-delà de trois mois, surtout avec des brûlures ou des décharges, justifie une évaluation : d’abord par le chirurgien, puis en centre de la douleur.
La neurostimulation médullaire est-elle une opération lourde ?
Non. Une électrode fine est glissée dans le canal rachidien sous anesthésie locale, puis testée pendant plusieurs jours. Si le soulagement est net, un petit boîtier est implanté sous la peau. Le dispositif est réglable et réversible.
Puis-je bénéficier de la radiofréquence des nerfs géniculés si ma prothèse est récente ?
Il faut d’abord que le chirurgien ait écarté une cause mécanique ou infectieuse, en général plusieurs mois après la pose. Si le genou reste douloureux sans explication, le bloc test des nerfs géniculés peut être proposé, puis la radiofréquence si le test est positif.
Mes douleurs de cicatrice vont-elles disparaître ?
Les douleurs nerveuses de cicatrice s’atténuent souvent avec le temps, mais pas toujours spontanément. Les traitements locaux (capsaïcine, lidocaïne), les blocs du nerf et les médicaments de la douleur nerveuse permettent de les réduire nettement dans la majorité des cas.
Prendre rendez-vous
Consultation avec un médecin de la douleur à L’Isle-Jourdain (à 30 minutes de Toulouse) ou à Sainte-Foy-la-Grande (près de Bordeaux, Libourne et Bergerac), avec ou sans courrier de votre médecin traitant. Vous pouvez remplir le questionnaire avant consultation pour gagner du temps le jour du rendez-vous.
Vous êtes médecin ? Vous pouvez nous adresser votre patient par MSSanté ou Doctolib : consultez l’espace médecins – adresser un patient.