Rédaction : équipe médicale de l’Institut Français de la Douleur (L’Isle-Jourdain et Sainte-Foy-la-Grande).

C’est une des questions qu’on nous pose le plus souvent en consultation, en général par des patients qui ont déjà eu une ou deux infiltrations de cortisone : « Et le PRP, ce ne serait pas mieux ? » La réponse honnête tient en une phrase : tout dépend de ce que vous attendez, et pour combien de temps.

Deux produits, deux logiques

La cortisone (on parle d’infiltration de corticoïdes) est un anti-inflammatoire puissant. Injectée dans une articulation ou autour d’un tendon, elle calme l’inflammation en quelques jours. Elle ne répare rien : elle éteint le feu.

Le PRP, plasma riche en plaquettes, est préparé à partir de votre propre sang, centrifugé pour concentrer les plaquettes. Celles-ci libèrent des facteurs de croissance qui modulent l’inflammation et accompagnent la cicatrisation des tissus. L’effet met plus longtemps à venir, mais il tient en général plus longtemps.

Ce que montrent les études

Tendinite du coude (épicondylite, « tennis elbow »)

C’est la situation la mieux étudiée, et les essais racontent tous la même histoire. La cortisone soulage plus vite, sur les six à huit premières semaines. Le PRP prend le dessus à partir de trois à six mois, et l’écart persiste à un an. Une méta-analyse des essais randomisés publiée en 2024 le résume ainsi : avantage à la cortisone à court terme, au PRP au-delà de six mois, pour la douleur comme pour la fonction du coude.

Arthrose du genou

Dans l’arthrose du genou, la cortisone reste utile pour passer une poussée douloureuse, avec un effet qui dure en général quelques semaines. Les méta-analyses récentes trouvent au PRP un effet plus durable sur la douleur et la fonction, à six mois et souvent jusqu’à un an, surtout dans les arthroses débutantes ou modérées. Les études sont nombreuses mais hétérogènes (préparations, doses de plaquettes et nombre d’injections différents) : les résultats sont encourageants, pas miraculeux.

Tendon d’Achille : une exception

Toutes les tendinopathies ne répondent pas de la même façon. Dans la tendinopathie chronique du corps du tendon d’Achille, un grand essai britannique publié dans le JAMA en 2021, sur 240 patients, n’a trouvé aucune différence à six mois entre une injection de PRP et une injection simulée. Dans cette indication, la rééducation reste la base du traitement.

Et côté sécurité ?

Les deux gestes sont sûrs quand ils sont faits dans de bonnes conditions d’asepsie, idéalement sous échographie. Après un PRP, une douleur ou un gonflement pendant deux ou trois jours est fréquent : c’est attendu et cela passe seul. Il faut aussi éviter les anti-inflammatoires autour de l’injection, car ils freinent l’action des plaquettes.

La cortisone, elle, ne se répète pas à l’infini. Dans un essai américain, des injections dans le genou tous les trois mois pendant deux ans ont été associées à une perte de cartilage un peu plus marquée qu’avec du sérum physiologique. Chez la personne diabétique, elle fait aussi monter la glycémie pendant quelques jours. Le PRP, produit à partir de votre propre sang, n’a pas ces inconvénients.

Alors, lequel choisir ?

  • Vous avez besoin d’être soulagé vite (une échéance, une poussée très douloureuse) : la cortisone garde toute sa place.
  • Votre douleur dure depuis des mois et une ou deux infiltrations de cortisone ne vous ont soulagé que quelques semaines : le PRP mérite d’être discuté.
  • Vous avez une arthrose du genou débutante ou modérée et vous voulez retarder les autres options : le PRP est une indication logique.
  • Votre arthrose est très évoluée (« os contre os » à la radio) : ni l’un ni l’autre ne fera de miracle, et d’autres solutions existent, comme la radiofréquence des nerfs géniculés.

Reste la question du coût : l’infiltration de cortisone est remboursée, le PRP ne l’est pas. À l’Institut, l’injection de PRP coûte 150 € à L’Isle-Jourdain ; le tarif à Sainte-Foy-la-Grande est donné en consultation.

Où se faire traiter près de Toulouse et de Bordeaux

Les médecins de la douleur de l’Institut posent l’indication en consultation et réalisent les injections de PRP sous échographie, à L’Isle-Jourdain, à 35 km à l’ouest de Toulouse, et au Centre Hospitalier de Sainte-Foy-la-Grande, à 25 minutes de Bergerac et une heure de Bordeaux. Le déroulement, le protocole et les tarifs sont détaillés sur notre page injection de PRP près de Toulouse et Bordeaux.

Consulter pour une injection de PRP

Apportez vos radiographies, échographies ou IRM : elles permettent souvent de décider dès le premier rendez-vous.

Références

  • Xu Y et al. Platelet-rich plasma has better results for long-term functional improvement and pain relief for lateral epicondylitis: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Am J Sports Med 2024. doi:10.1177/03635465231213087
  • Platelet rich plasma versus corticosteroids for lateral epicondylitis: a meta-analysis of randomized clinical trials. Clin Shoulder Elb 2025. doi:10.5397/cise.2024.00801
  • A randomized controlled trial of 1-year clinical outcomes of a single platelet-rich plasma injection versus corticosteroid for the treatment of lateral elbow tendinopathy. Orthop J Sports Med 2026. doi:10.1177/23259671251386862
  • Autologous platelet-rich plasma versus hyaluronic acid, corticosteroids or saline for knee osteoarthritis: a systematic review and meta-analysis. Int Orthop 2026. doi:10.1007/s00264-026-06782-7
  • Safety profile comparison of intra-articular corticosteroids, hyaluronic acid, platelet-rich plasma, and cell-based injections for knee osteoarthritis (ESSKA Orthobiologics Initiative). Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc 2025. doi:10.1002/ksa.70230
  • Kearney RS et al. Effect of platelet-rich plasma injection vs sham injection on tendon dysfunction in patients with chronic midportion Achilles tendinopathy: a randomized clinical trial. JAMA 2021. doi:10.1001/jama.2021.6986
  • McAlindon TE et al. Effect of intra-articular triamcinolone vs saline on knee cartilage volume and pain in patients with knee osteoarthritis: a randomized clinical trial. JAMA 2017. doi:10.1001/jama.2017.5283

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