Rédaction : équipe médicale de l’Institut Français de la Douleur (L’Isle-Jourdain et Sainte-Foy-la-Grande).

Cabines de lumière rouge dans les salles de sport, masques LED, centres de bien-être : la photobiomodulation est partout. Dans un centre de la douleur, la question n’est pas de savoir si c’est à la mode, mais si cela soulage, qui, et avec quel niveau de preuve. Voici où en sont les études, sans enthousiasme excessif ni scepticisme de principe.

Comment la lumière agit sur les cellules

La photobiomodulation utilise une lumière rouge (autour de 660 nm) et proche infrarouge (autour de 850 nm), de faible puissance, sans ultraviolets ni chaleur. Ces photons sont absorbés dans les mitochondries, les « centrales énergétiques » des cellules. Il en résulte plus d’énergie cellulaire (ATP), une libération de monoxyde d’azote qui améliore la microcirculation, et une baisse du stress oxydatif et de l’inflammation. Le rouge agit surtout en surface ; le proche infrarouge pénètre plus profondément, jusqu’aux muscles, aux articulations et aux nerfs.

Fibromyalgie : les données les plus solides pour la cabine corps entier

C’est l’indication la mieux étudiée. Dans un essai randomisé espagnol contre placebo, en triple aveugle, 42 patientes ont reçu 12 séances de 20 minutes en cabine corps entier, trois fois par semaine pendant quatre semaines. La douleur a diminué dès la fin du traitement, la qualité de vie s’est améliorée dès la sixième séance, et l’effet sur la douleur était encore présent six mois plus tard. Une étude menée dans un service de la douleur du NHS britannique, avec 18 séances sur six semaines, retrouve des améliorations de la douleur, de la raideur, de la fatigue, du sommeil et de la concentration, maintenues à six mois.

Ces résultats ont des limites : peu de patients, et une partie des auteurs de l’essai espagnol travaillent pour le fabricant de la cabine. Une revue systématique de 2026 confirme néanmoins une baisse de la douleur à court terme et un gain de qualité de vie, et une vaste revue de revues publiée en 2025 retient un niveau de preuve modéré pour l’effet sur la fatigue des personnes fibromyalgiques.

Douleurs neuropathiques : des signaux encourageants, surtout en application locale

Dans la neuropathie diabétique et dans la neuropathie après chimiothérapie, plusieurs essais randomisés avec des sondes locales montrent une baisse de la douleur et des symptômes ; dans un essai de phase II sur la neuropathie chimio-induite, près d’un patient sur deux répondait au traitement à six semaines. Il n’existe en revanche pas encore d’essai publié avec la cabine corps entier dans cette indication : à l’Institut, nous la considérons comme une indication en évaluation, avec des scores mesurés avant, pendant et après la cure.

Arthrose et douleurs musculaires

Dans l’arthrose du genou, la revue de revues de 2025 retient un niveau de preuve modéré pour l’amélioration de la gêne fonctionnelle. Dans les douleurs myofasciales du cou, une méta-analyse retrouve une baisse de la douleur. Ce sont des effets modestes, intéressants en complément d’un autre traitement, comme une injection de PRP ou une rééducation.

Ce que la photobiomodulation ne fait pas

Elle ne traite pas la cause d’une douleur : une hernie discale, une arthrose ou une neuropathie restent là. Elle ne remplace ni l’activité physique, ni les traitements de fond. Et les promesses que l’on croise parfois, « détox », perte de poids ou effet anticancer, ne reposent sur aucune donnée sérieuse. Les soins LED du visage, enfin, relèvent de la dermatologie et de l’esthétique, avec d’autres réglages et d’autres objectifs.

Est-ce dangereux ?

Aux doses utilisées, la photobiomodulation est bien tolérée : pas d’ultraviolets, pas de brûlure, pas de rayonnement ionisant, et des effets indésirables rares et bénins dans les essais. Les yeux sont protégés par des lunettes. Certaines situations imposent la prudence ou la contre-indiquent : grossesse, cancer évolutif, médicaments photosensibilisants, épilepsie photosensible, lésion de peau non diagnostiquée. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous la proposons après une consultation médicale.

Comment nous l’utilisons à l’Institut

L’Institut dispose d’une cabine corps entier NovoTHOR au Centre Hospitalier de Sainte-Foy-la-Grande, près de Bergerac et Bordeaux ; une seconde cabine ouvrira prochainement à L’Isle-Jourdain, à 35 km à l’ouest de Toulouse. Nous appliquons le protocole publié dans la fibromyalgie : 12 séances de 20 minutes, trois par semaine pendant quatre semaines, avec un bilan à mi-cure et en fin de cure. La séance coûte 50 €, la cure 600 € ; elle n’est pas remboursée. Tous les détails pratiques sont sur notre page photobiomodulation corps entier près de Toulouse et Bordeaux, et notre article sur photobiomodulation et fibromyalgie revient sur le cas particulier de cette maladie.

Une cure de photobiomodulation est-elle adaptée à votre douleur ?

L’indication est posée en consultation par un médecin de la douleur de l’Institut, qui vérifie aussi les contre-indications.

Références

  • Navarro-Ledesma S et al. Short-term effects of whole-body photobiomodulation on pain, quality of life and psychological factors in a population suffering from fibromyalgia: a triple-blinded randomised clinical trial. Pain Ther 2022. doi:10.1007/s40122-022-00450-5
  • Navarro-Ledesma S et al. Outcomes of whole-body photobiomodulation on pain, quality of life, leisure physical activity, pain catastrophizing, kinesiophobia, and self-efficacy: a prospective randomized triple-blinded clinical trial with 6 months of follow-up. Front Neurosci 2024. doi:10.3389/fnins.2024.1264821
  • Fitzmaurice BC et al. Whole-body photobiomodulation therapy for fibromyalgia: a feasibility trial. Behav Sci 2023. doi:10.3390/bs13090717
  • Swathi GA et al. Effect of photobiomodulation on pain and quality of life in fibromyalgia syndrome: a systematic review. Lasers Med Sci 2026. doi:10.1007/s10103-026-04930-4
  • Umbrella review of photobiomodulation therapy (204 randomized trials). Syst Rev 2025. doi:10.1186/s13643-025-02902-3
  • Evaluating laser photobiomodulation for chemotherapy-induced peripheral neuropathy: a randomised phase II trial. Support Care Cancer 2022. doi:10.1007/s00520-022-07463-y
  • Effectiveness of low-power laser therapy and low-frequency ultrasound in reducing pain in patients with diabetic polyneuropathy: a randomized controlled trial. Lasers Med Sci 2025. doi:10.1007/s10103-025-04720-4
  • Photobiomodulation therapy for myofascial pain of the neck: a meta-analysis. Lasers Med Sci 2022. doi:10.1007/s10103-022-03626-9
  • Ferreira LMA et al. Photobiomodulation in chronic pain: a systematic review of randomized clinical trials. Front Integr Neurosci 2026. doi:10.3389/fnint.2026.1717372

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